3 méthodes efficaces pour le traitement du linge contre la gale

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Redoutée dans les établissements de santé, les maisons de retraite et les crèches, la gale est souvent peu connue et donc difficilement identifiable par le personnel. Pourtant, il est impératif de connaître les symptômes pour agir avant qu’elle ne se transforme en épidémie. Voici les mesures de prévention à appliquer et les meilleures solutions de traitement du linge contre la gale.

La gale : quels sont les symptômes ?

La gale est une affection cutanée sans gravité mais extrêmement contagieuse. Il est donc impératif de mettre en place des règles d’hygiène et de sécurité sanitaire strictes lorsque des cas sont déclarés pour limiter les risques d’épidémie. Le plus souvent bénigne, la gale ne guérit pas spontanément : un traitement est donc nécessaire.

La gale est une ectoparasitose : elle est due à un parasite externe, le Sarcoptes scabiei, variante hominis. Cet acarien vit exclusivement dans l’épiderme humain. Il ne peut survivre que 1 à 4 jours dans le milieu extérieur selon la température ambiante et l’humidité. Ce sarcopte est impossible à détecter à l’œil nu : il mesure environ 0,35 mm de long.

A retenir :

Plus la température ambiante est basse et le taux d'humidité élevé, plus l'acarien survit longtemps lorsqu’il n’est plus sur son hôte.

La femelle adulte creuse des sillons dans l’épiderme (la couche cornée) pour y pondre 2 à 3 œufs par jour pendant 2 mois. Quatre jours après la ponte, les œufs éclosent et deviennent adultes entre 10 et 20 jours. A leur tour, ils creusent des sillons. La population peut être multipliée par 17 pendant les 2 mois de ponte.

Bon à savoir :

Contrairement aux idées reçues, la gale n’est pas due à manque d’hygiène. Elle peut toucher tous les milieux sociaux, tous les âges, quel que soit le sexe des individus.

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Les symptômes de la gale

La période d’incubation de la gale est d’un mois environ avant l’apparition des premiers symptômes. Mais elle peut être plus courte en fonction de l’importance de l’infestation, c’est-à-dire du nombre de sarcoptes présents sous la peau.

Les principales manifestations cliniques de la gale sont :

  • Le prurit. C’est le signe le plus précoce de la manifestation de la gale. Dues à une réaction immunitaire contre les sarcoptes, les démangeaisons s’intensifient souvent la nuit et ne concernent que certaines parties du corps. En général, le visage, le cou, le cuir chevelu et le dos sont épargnés. Si les démangeaisons touchent plusieurs personnes d’une même famille ou d’une même école, c’est un facteur évocateur d’une épidémie de gale.
  • Les sillons scabieux. Ces “tunnels de ponte” sont l’un des signes caractéristiques de la gale. Ils la différencient d’autres maladies de peau comme l'eczéma. La découverte des sillons permet d’établir le diagnostic de gale. Ils ne mesurent que quelques millimètres de long. La crasse et les excréments des parasites présents dans ces sillons les rendent parfois plus visibles.
  • Les lésions cutanées (prurigineuses, de grattage). A force de se gratter, des stries ou des éruptions apparaissent.
  • Les vésicules perlées. Ces minuscules “cloques” sont situées à l’extrémité des sillons.
  • Les nodules scabieux. Ces lésions rouges ou violacées sont surtout présentes sur les zones génitales de l’homme.

Le saviez-vous ?

Se gratter est un moyen de défense efficace : cela permet d'éliminer une grande partie des sarcoptes. Au contraire, l’absence de grattage favorise la multiplication des acariens.

Les différents types de gale

La localisation et les symptômes diffèrent en fonction du type de gale :

  • La gale commune. Elle est la plus fréquente. Les démangeaisons et lésions sont très localisées : entre les doigts, les poignets, les fesses, le nombril, l’intérieur des cuisses, les aisselles, les organes génitaux chez l’homme et les mamelons chez la femme.
  • La gale profuse dite disséminée inflammatoire. Cette forme clinique apparaît surtout chez les patients âgés qui vivent en collectivité. Elle se manifeste par un prurit intense et des lésions au niveau du dos.
  • La gale croûteuse dite norvégienne ou hyperkératosique. C’est la forme la plus contagieuse. Un sujet contaminé peut héberger des milliers voire des millions d’acariens. C’est une dermatose généralisée qui se répartir sur tout le corps y compris le dos, le visage et le cuir chevelu. Elle est particulièrement virulente chez les personnes âgées, immunodéprimées ou grabataires.
  • La gale des gens propres. Le principal symptôme est le prurit (aucune lésion cutanée). Cette infection très fréquente chez les adultes avec une hygiène irréprochable est difficilement identifiable, justement à cause de cet excès de propreté. La mise en évidence de sillons est rendue difficile.
  • La gale du nourrisson et du jeune enfant. Elle se manifeste sur la plante des pieds et la paume des mains avec des sillons, des vésicules et des pustules. L’état se généralise rapidement sur tout le corps et l’enfant est très affecté par la gale : irritabilité et fatigue dues au manque de sommeil provoqué par le grattage en continu.

Les modes de transmission de la gale

La gale peut se transmettre de différentes manières :

  • Contact direct d’une personne à une autre. Ce mode de contamination est le plus fréquent (95 % des cas). Le sarcopte s’introduit facilement dans l’épiderme du nouvel hôte par un simple contact peau à peau.
  • Rapports sexuels. La gale est une Maladie Sexuellement Transmissible (MST).
  • Contact indirect. Cette transmission se fait par l'intermédiaire des vêtements, du linge, de la literie. Une personne saine peut être infectée uniquement en dormant dans du linge de lit contaminé. Les sarcoptes présents dans les textiles sont affaiblis mais peuvent investir un nouvel hôte.

Plusieurs facteurs aggravants favorisent la propagation d’une épidémie de gale :

  • La vie en collectivité et la promiscuité.
  • Les soins de nursing pour le personnel soignant des établissements de santé ou maisons de retraite.
  • Le non-respect de règles d’hygiène strictes.
  • L’absence de traitement des premières personnes infectées.
  • L'absence de traitement du linge contre la gale.

En milieu collectif, la dissémination du parasite peut se faire très rapidement si aucune mesure de précaution n’est prise pour endiguer l'épidémie de gale.

Les mesures de prévention en cas de gale

Dès qu’un cas de gale est détecté, il faut obligatoirement mettre en place des mesures préventives pour limiter les risques de propagation :

  • Informer le personnel (équipe opérationnelle, responsable médical…) de l’établissement concerné, mais aussi la blanchisserie et les familles.
  • Traiter les personnes infectées et les sujets en contact même s’ils sont asymptomatiques.
  • Isoler les personnes atteintes en chambre individuelle ou les regrouper au moins jusqu’à 48 h après la dernière application du traitement.
  • Instaurez des mesures d’hygiène strictes et des précautions contact pour les soignants et le personnel : port de surblouse à manches longues et de gants à usage unique, lavage des mains régulier.
  • Traiter tout l’environnement (fauteuils etc.) en cas de gale profuse.
  • Limiter les contacts avec les personnes atteintes de gale pour rompre la chaîne de transmission. Il est impératif de limiter les visites.
  • Désinfecter le petit matériel vecteur du parasite.
  • Procéder au traitement du linge contre la gale.

Le saviez-vous ?

On parle d’épidémie si 2 cas de gale sont diagnostiqués dans un établissement (de santé, maison de retraite, crèche…).

Les solutions efficaces pour le traitement du linge contre la gale

Pour limiter les risques d’épidémie, il est impératif de procéder au traitement du linge contre la gale !

En effet, les mesures d’hygiène et les traitements contre la gale ne doivent pas être appliqués uniquement sur les malades ou les professionnels qui les côtoient. Le mode de contamination le plus fréquent reste le contact cutané direct d’un sujet parasité à une personne saine. Mais la transmission indirecte par l’intermédiaire des textiles (vêtements, linge, serviettes…) ne doit pas être oubliée : c’est l’un des éléments déterminants pour vaincre la contamination. 

En cas de gale, avoir mis en place préalablement la méthode RABC permet de maîtriser rapidement l’épidémie et de revenir au plus vite à une hygiène du linge irréprochable.

D’une manière générale, la mise en place au quotidien d’un protocole d’hygiène en EHPAD ou maison de retraite est salutaire pour limiter la propagation de toute épidémie.

Bon à savoir :

Les textiles à traiter en cas d’épidémie de gale ne doivent pas se limiter aux vêtements, serviettes de table, draps, taies d’oreiller, housses de couette, couvertures, chaussons, chaussettes, gants, doudous… Si des lésions ont été identifiées dans le cuir chevelu, n'oubliez pas de procéder au traitement des bonnets, chapeaux, foulards, écharpes…
Voici les 3 solutions préconisées pour garantir une hygiène du linge irréprochable en cas de gale.

1. Lavage à hautes températures : efficace pour le traitement du linge contre la gale

Au-delà d’une certaine température (55°C), les sarcoptes ne survivent pas. L’une des solutions pour éradiquer ces acariens est de laver le linge à une température d’au moins 60°C.

Le mieux est d’être équipé de lave-linge professionnels de type aseptique :

  • Ils permettent de laver les articles textiles à hautes températures pour assurer une hygiène du linge optimale.
  • Ils sont dotés de programmes spécifiques pour désinfecter de manière thermique ou thermochimique le linge parasité.

Grâce à ces machines de hautes performances, le traitement du linge contre la gale est efficace. D’ailleurs, elles sont indispensables dans tous les établissements de santé ou maisons de retraite même sans épidémie de gale ! Leur utilisation au quotidien est un bon moyen préventif pour limiter tous les risques infectieux favorisés par la vie en collectivité.

Le saviez-vous ? Tout comme pour la gale, le lavage à hautes températures permet d'éliminer la Covid-19. Mais il existe d’autres recommandations. Consultez notre article complémentaire pour savoir comment laver les masques en tissu en milieu professionnel.

 

2. Traitement antiparasitaire

Si le linge ne supporte pas un lavage à 60°C, le traitement consiste à utiliser un produit acaricide (type A-PAR®) :

  • Vaporisez le traitement antiparasitaire sur les textiles concernés.
  • Isolez-les dans une poche en plastique ou un sac hydrosoluble et fermez hermétiquement.
  • Laissez en contact le temps préconisé par le fabricant (au moins 3 heures).
  • Si l’article est lavable, procédez au lavage à la température habituelle.
  • Si l’article n’est pas lavable en machine, éliminez l’excès de produit par aération, essuyage ou secouage. Attendez 12 h avant de le réutiliser.

A mettre en pratique : n’oubliez pas de noter sur le sac la date et l’heure de la désinfection, ainsi que le nom et prénom du patient.

3. Isolement en sac hermétique

Sans utilisation d’acaricide, il reste une solution efficace pour éliminer les sarcoptes. Isolez le linge dans un sac fermé hermétiquement, daté et identifié. Cet isolement doit durer 4 jours si c’est une gale commune et 8 jours s’il s’agit d’une gale profuse.

Il est impératif de stocker les textiles dans un lieu dédié pour éviter le risque de les remettre dans le circuit du linge avant la fin de la procédure.

A retenir : la durée du traitement du linge contre la gale dépend du type d’affection identifiée dès son apparition. S’il s’agit d’une gale commune, tout le linge utilisé depuis deux ou trois jours doit être traité. Si c’est une gale profuse ou hyperkératosique, il faudra pratiquer le traitement sur le linge utilisé depuis huit à dix jours.

Pour éviter la propagation de la gale en collectivité, il est impératif d’établir rapidement le diagnostic, de mettre en place des règles d’hygiène strictes et de traiter non seulement les personnes atteintes mais aussi leur environnement. Se doter de lave-linge professionnels aseptiques (dits aussi lave-linge barrière) permet en outre de prévenir les risques infectieux.

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